Chronique de lecture – Méduse, Martine Desjardins

J’ai lu Méduse de Martine Desjardins parce que la youtubeuse Jody, de la chaîne Les livres de la crypte, l’a recommandé. Et surtout parce que le pitch qu’elle en a fait m’a donné très très envie.
Je me suis donc lancée sans trop savoir où j’allais, mais avec beaucoup de curiosité.

L’entrée dans le livre a été immédiate. Aucun temps d’adaptation. Dès les premières pages, l’écriture est douce, poétique, et elle nous happe complètement. J’ai eu cette sensation, du début à la fin, d’être cajolée par l’autrice, presque prise par la main.

Et pourtant, l’ambiance est très sombre. Très glauque. Parfois, souvent, franchement dégueulasse.
Mais malgré ça, il y a toujours ce sentiment de réconfort, de douceur, qui ne m’a jamais quittée pendant la lecture. C’est assez déroutant, mais ça fonctionne incroyablement bien.

Au-delà de l’intrigue, Méduse est pour moi un roman profondément féministe. Le message sous-jacent est clair : comment survivre en tant que femme sous le poids du regard et de la pression sociale liés à notre genre, quand tout menace de nous écraser. C’est clairement une histoire de libération féminine.

Le personnage principal est inoubliable. Tout le roman est raconté de son point de vue, sous la forme d’une lettre adressée à un autre personnage, que l’on rencontrera plus tard. Elle y raconte sa vie avant et après leur rencontre. Et encore une fois, la plume est d’une grande douceur.

C’est une plume poétique qui m’a fait l’effet d’un câlin pour le cerveau. Même la façon de décrire la difformité du personnage est particulière. Jamais l’autrice ne parle directement des yeux, mais utilise des termes comme « mes monstruosités », « mes délinquances », « mes rébarbativités », « mes affreusités ».
Ce sont presque des mots affectueux, comme ceux qu’on donne à des êtres chers mais agaçants — un peu comme quand on appelle nos enfants « nos petits monstres ».

Sur le plan narratif, il n’y a pas de longueur inutile. Le récit est concis, précis, et suit un cheminement assez inattendu.

Je recommande ce livre aux personnes habituées aux romans sombres et dérangeants, à celles qui ne sont pas rebutées par le fantastique absurde.

Une fois terminé, Méduse m’a habitée pendant plusieurs jours. Ce n’est clairement pas un roman qui s’oublie facilement.


Profondément féministe.