J’ai choisi AtomKa parce que j’avais envie d’un page turner. D’une histoire avec beaucoup de mouvement, quelque chose qui se lit vite, qui embarque, et surtout qui ne soit pas trop glauque. C’était avant tout une pause dans mes lectures très sombres et horrifiques.
Mais une pause avec un auteur qui est une valeur sûre.
C’est un Franck Thilliez, donc oui, on rentre rapidement dans le roman. AtomKa est le tome 7 de la saga, donc on sait très bien où on a laissé les personnages. J’ai retrouvé Sharko et Henebelle avec beaucoup de surprise, mais aussi avec un peu d’incompréhension — pour une raison que je ne peux pas spoiler ici.
Quel plaisir de les retrouver. Toujours fidèles à eux-mêmes. J’ai vraiment l’impression que, dans chaque tome de la saga, on gagne en profondeur sur ces personnages. On s’y attache de plus en plus. L’auteur est vraiment bon : il les connaît, il leur donne vie d’une main de maître. Ça ne m’étonnerait pas de croiser Sharko au 36 (bon, j’abuse un peu là).
On les retrouve donc exactement comme on s’attend à les retrouver, sans grande surprise de ce côté-là, mais avec ce réconfort très particulier : celui de se lover dans un récit et de laisser bien volontiers Sharko et Henebelle nous embarquer avec eux jusqu’au bout de l’enfer.
AtomKa est selon moi particulièrement bien réussi. On est sur un roman à double voie, porté par Sharko et Henebelle, et c’est très efficace. Il n’y a pas de temps mort, pas un seul moment de flottement. On enchaîne les avancées dans l’enquête, les événements macabres, les moments de tension extrême pour les deux enquêteurs.
Côté lecteur, c’est très difficile à lâcher. Comme souvent avec Thilliez, on a du mal à comprendre comment l’enquête va pouvoir se résoudre tant le scénario est bien mené. C’est un vrai plaisir de lecture. De la dopamine pour le cerveau.
Cette lecture était exactement ce que je cherchais. Une vraie pause dans l’extrême et le glauque, mais malgré tout un moment intense. Bien au-delà même. Et comme toujours, Franck Thilliez a fait un gros travail de documentation et d’intégration de principes scientifiques connus. Ici, la médecine nucléaire, utilisée dans une fiction sans jamais perdre la profondeur de la thématique. Mon cerveau a clairement pris beaucoup de plaisir, autant dans la lecture que dans la découverte d’un domaine que je ne connaissais pas du tout.
Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est l’environnement glacé. Le froid est omniprésent : dans le récit, dans les paysages, dans les crimes. Et puis la radioactivité. Il y a notamment une scène impliquant Sharko que j’ai trouvée remarquablement bien écrite, avec une vraie force d’évocation.
Pour apprécier pleinement cet opus, je pense qu’il faut avoir lu les tomes précédents. Même si chaque enquête peut se lire séparément, lire la saga dans l’ordre est une expérience totalement différente. On a le temps de créer un lien émotionnel avec Sharko et Henebelle au fil des six premiers tomes. On connaît leurs histoires, leurs souffrances, et ça rend leurs actions et leurs réactions dans ce tome encore plus intenses. En tant que lectrice, j’ai ressenti une vraie empathie pour eux.
Je recommande donc AtomKa uniquement après avoir lu les six tomes précédents.
Une fois le livre refermé, je suis restée un moment avec plusieurs scènes en tête. Il y en a beaucoup de marquantes. C’est clairement le genre de livre qu’on aimerait pouvoir relire pour la première fois.