Faut-il lire As-tu mérité tes yeux ?
Si vous aimez les histoires psychologiques qui mettent profondément mal à l’aise, celles qui donnent l’impression d’observer quelque chose que l’on ne devrait jamais voir, alors oui. As-tu mérité tes yeux est une lecture aussi courte qu’intense. En quelques dizaines de pages, Eric LaRocca installe un climat oppressant qui m’a poursuivie bien après avoir refermé le livre.
En revanche, si vous cherchez un récit d’horreur plus classique ou une intrigue qui explique tout, vous risquez d’être complètement déstabilisé.
Pourquoi j’ai eu envie de lire ce livre
J’ai choisi ce livre, encore une fois, sur recommandation de Jody de la chaîne YT Les Livres de la Crypte.
Je ne me souviens même pas avoir été particulièrement emballée par sa chronique, car elle en dit peut. Mais je lui fais confiance car nous avons des gouts assez similaires.
Alors quand je suis tombée dessus à la bibliothèque, je n’ai pas réfléchi longtemps. Je l’ai emprunté sans même savoir de quoi il parlait.
C’est souvent comme ça qu’on a de bonnes surprises.
Un résumé sans spoiler
Le roman s’ouvre sans aucune introduction.
On est immédiatement plongé dans les échanges entre deux femmes qui se rencontrent sur un forum en ligne. Très vite, leur relation évolue… et prend une direction de plus en plus étrange.
C’est une novella, donc tout va très vite. Il n’y a aucun temps mort. Chaque échange fait avancer cette relation jusqu’à devenir profondément malsaine.
Une lecture qui m’a mise incroyablement mal à l’aise
Ce qui m’a le plus marquée, c’est la sensation d’être une intruse.
J’avais l’impression d’assister à quelque chose de beaucoup trop intime. Comme si je lisais des messages privés que je n’aurais jamais dû voir.
Je me suis sentie davantage voyeuse que lectrice, et c’est extrêmement perturbant.
Dès les premières pages, un malaise s’installe. Pas un malaise provoqué par du gore ou des scènes choquantes, mais quelque chose de beaucoup plus insidieux.
L’une des deux femmes se montre terriblement vulnérable. À plusieurs reprises, je me suis dit qu’elle pouvait encore faire demi-tour. Qu’elle pouvait arrêter cette relation.
Mais elle continue.
Eric LaRocca m’a complètement embarquée dans cette fascination malsaine.
Plus qu’une histoire d’horreur : une réflexion sur la santé mentale
Au fond, ce n’est pas tant l’histoire qui m’a frappée que ce qu’elle raconte sur la vulnérabilité humaine. Enfin bon j’abuse un peu l’jistoire est choquante tout de même…
J’ai presque eu l’impression de lire un manifeste sur la santé mentale.
Le livre montre comment une personne peut apparaître exactement au mauvais moment. Le moment où une faille est déjà présente. Où l’on cherche désespérément quelqu’un qui nous comprenne.
À partir de là, une mécanique infernale peut se mettre en place.
Et ce qui fait peur, c’est qu’elle ne repose pas forcément sur une manipulation spectaculaire. La spirale semble parfois s’entretenir presque toute seule.
J’en suis ressortie avec une pensée très simple :
prendre soin de sa santé mentale est indispensable.
Parce qu’une vulnérabilité non soignée peut devenir la porte d’entrée de situations dont il devient très difficile de sortir.
Évidemment, ce que raconte Eric LaRocca est volontairement poussé à l’extrême.
Mais c’est justement cette exagération qui rend le propos aussi percutant.
La plume d’Eric LaRocca
La plume d’Eric LaRocca va droit au but.
Aucune fioriture.
Aucun détour.
Le texte est sec, efficace et incroyablement immersif.
C’est le genre de novella qui se lit d’une traite… et pendant laquelle on oublie presque de respirer.
Ce que j’ai aimé
- Le malaise permanent qui s’installe dès les premières pages.
- La sensation très étrange d’être témoin de quelque chose d’interdit.
- La réflexion autour de la vulnérabilité et de la santé mentale.
- Une plume directe et particulièrement efficace.
- Une histoire qui continue à travailler longtemps après la lecture.
Ce que j’ai un peu moins aimé
Ce n’est pas vraiment un défaut, mais cette lecture ne plaira clairement pas à tout le monde.
Le récit reste volontairement étrange, parfois absurde, et laisse une grande place au malaise psychologique. Si vous aimez que tout soit expliqué ou les intrigues très rationnelles, vous risquez de passer complètement à côté.
Mon avis final
Lorsque j’ai refermé le livre, ma première réaction a été :
« Mais… WTF ? Qu’est-ce que je viens de lire ? »
Et je pense que c’est exactement l’effet recherché.
Je garderai longtemps le souvenir de cette novella. Pas parce qu’elle m’a fait peur, mais parce qu’elle m’a profondément interrogée sur la manière dont certaines blessures peuvent nous rendre terriblement vulnérables.
C’est le genre d’histoire qui vous laisse avec un sentiment étrange… et qui revient vous hanter plusieurs jours après.
Je recommande ce livre si…
Lisez As-tu mérité tes yeux si vous aimez :
- les histoires psychologiques dérangeantes ;
- les personnages profondément fragiles ;
- les récits qui installent un malaise plutôt que des jumpscares ;
- les lectures WTF qui laissent plus de questions que de réponses.
En revanche, je ne le conseillerais pas comme première découverte de l’horreur. C’est un texte atypique, qui joue davantage sur le malaise psychologique que sur les codes traditionnels du genre.
FAQ
As-tu mérité tes yeux fait-il peur ?
Pas au sens classique. Le livre ne cherche pas à effrayer avec des monstres ou des scènes gore. Il installe plutôt un profond malaise psychologique.
Peut-on lire cette novella sans connaître Eric LaRocca ?
Oui. C’est une excellente porte d’entrée pour découvrir son univers, même si son style très particulier ne conviendra pas à tous les lecteurs.
Le livre contient-il des thèmes sensibles ?
Oui. Il aborde notamment la vulnérabilité psychologique, les relations toxiques et la santé mentale. Si ces sujets sont difficiles pour vous, mieux vaut en être conscient avant de commencer.