Chronique de lecture – Vertèbres, Morgane Caussarieux

J’ai choisi ce livre parce qu’il a été chaudement recommandé par une youtubeuse que je suis assez assidûment. Mais surtout parce que Vertèbres met en scène une sirène, et que j’adore les histoires de sirènes quand elles sont abordées sous un prisme horrifique.

J’ai adoré le premier chapitre. Et plus largement, toute la première moitié du roman. C’était exactement ce à quoi je m’attendais. L’ambiance, le propos, la créature. Tout était là.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est le point de départ : une mare, dans la campagne proche de Besançon. Ce n’est pas courant. On a l’habitude de voir les récits de sirènes se dérouler en pleine mer, dans les océans. Ici, le conte est beaucoup plus proche des croyances populaires. L’ambiance est très moyenâgeuse, même si l’histoire se situe au XXᵉ siècle. C’est glauque, sombre, poisseux. J’ai beaucoup aimé ça.

La sirène de Vertèbres est un mélange de créature magnifique et inquiétante. Elle ne ressemble pas tout à fait aux sirènes traditionnelles qu’on nous a peintes, mais elle s’en rapproche suffisamment pour créer un sentiment de familiarité. On s’y attache très vite. On apprend à la découvrir. Le développement de ce personnage est vraiment intéressant : on passe d’une créature dont on ne sait pas si elle comprend quoi que ce soit — ni même si elle est intelligente — à un personnage auquel on s’attache profondément.

La seconde partie du roman m’a semblé un peu moins intense. Un personnage féminin très fort et très marquant apparaît. Cette partie est moins scotchante, moins glauque, mais on passe malgré tout un super moment.

Les personnages humains sont très variés. On passe du personnage perdu et inoffensif au personnage franchement détestable, voire haïssable. Ce panel est très intéressant et nous fait traverser toute une palette d’émotions. Souvent, les personnages sympathiques au premier abord se révèlent finalement beaucoup moins sympathiques quand leurs motivations et leurs choix apparaissent. En revanche, les personnages détestables… le restent.

J’ai adoré ce moment de lecture et j’ai eu beaucoup de mal à lâcher cette histoire. Il y a clairement des événements traumatisants, brutaux et dégueulasses. Mais ça sert le propos. On n’est pas dans la surenchère traumatique. Le roman se démarque aussi par son propos inclusif, avec une représentation de la communauté LGBTQ+ et de personnages en situation de handicap. Ce genre de lectures fait du bien.

Je recommande Vertèbres à un public averti, car certaines scènes sont difficiles à lire. Il plaira sans aucun doute aux personnes friandes d’ambiances de foire aux monstres. On n’est pas dans un roman d’horreur extrême, mais dans une histoire de monstre sans filtre.

Vertèbres est un roman dans lequel on se laisse aller.
C’est surprenant et, en même temps, exactement ce qu’il faut, au bon endroit.
Pour être honnête, je n’ai aucune critique négative à formuler sur ce livre.